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Quand la vie ne tient qu'à un (coup de) fil
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144

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Rapport d'activité 2015 Sommaire Mot du Président

L’OCVS n’a cessé de se développer depuis sa fondation il y a près de vingt-cinq ans. Ses tâches, son impact sur la vie préhospitalière et l’exigence de qualité toujours accrue l’ont contrainte à une mutation qui ne pouvait plus être différée. D’une part sa structure se révélait inadaptée : une association de droit public où le principal bailleur de fonds, l’Etat du Valais ne disposait que de cinq voix, soit à peu près le dixième de celles attribuées aux différents membres. D’autre part les activités de l’OCVS elle-même ne pouvaient plus dépendre d’une structure hiérarchique inadéquate, à savoir celle d’une association, fût-elle de droit public, mais dont le modèle était largement calqué sur le droit privé.

La révision législative qui a déjà passé le cap de la première lecture au Grand Conseil donnera le jour à une nouvelle entité juridique, un établissement de droit public dont une des caractéristiques sera l’autonomie accrue de la direction, lui permettant d’atteindre plus rapidement ses buts dans le cadre du budget alloué, sans passer par des démarches parfois lourdes, voire contraignantes. Les partenaires de l’OCVS poursuivront leurs activités non seulement sous l’angle de commissions et de conseils, mais aussi en désignant certains représentants qui siègeront au conseil de direction du nouvel établissement de droit public. Les évènements qui se sont déroulés cette année, dont on ne retiendra que l’un ou l’autre, illustrent les avantages d’une nouvelle structure juridique.

La Vallée d’Entremont réclamait à juste titre un service d’ambulances adapté à son territoire et ses besoins économiques et touristiques. Cela fait plus de cinq ans qu’on en parlait. En 2013 encore, j’évoquais dans mon message l’urgence de cette attribution et les difficultés budgétaires qui nous empêchaient sa réalisation. Aujourd’hui, c’est chose faite et Entremont dispose d’un service d’ambulances de jour.

A ce sujet, nous ne cachons pas une certaine inquiétude devant la gestion difficile des deux services d’ambulances pris en charge par l’Hôpital du Valais. Là encore, la nouvelle OCVS pourra apporter une contribution directe pour résoudre les problèmes que rencontrent ces services.

L’émergence du projet «ALMA» et sa présentation lors de la journée officielle du 144 démontre le succès que peut rencontrer une OCVS indépendante dans le développement d’un projet novateur en matière de localisation et de gestion de victimes lors de catastrophes. Ce concept établi par deux collaborateurs de l’OCVS a proprement enthousiasmé les intervenants suisses et étrangers qui assistaient à la journée. Aujourd’hui encore les réactions positives affluent et l’on peut prévoir une extension de ce projet aux institutions des cantons voisins. Ce qui démontre l’intérêt d’une structure indépendante et réactive échappant à une routine institutionnelle.

Le bilan des douze dernières années de l’OCVS que j’ai eu le privilège et le bonheur de présider affiche une belle santé. Sans doute a-t-on vécu des moments difficiles, mais elle n’a cessé de monter en puissance et ses deux derniers directeurs, les Drs. DESLARZES et BELLAGAMBA lui ont imprimé une dynamique remarquable. Cela n’a pas toujours été sans heurts, mais il faut reconnaître que les intérêts particuliers des membres de l’OCVS se prêtaient parfois mal à une démarche commune ! Pourtant, et c’est à leur honneur, à chaque fois nous avons pu obtenir que les membres fassent abstraction de leurs souhaits pour se plier à l’intérêt général.

J’en profite également pour remercier tous les membres du conseil d’administration qui, sous toute vraisemblance, quittera ses fonctions avec le changement législatif. Je tiens à tous les nommer pour leur présence et leur fidélité, à commencer par Christian WILLA, Philipp PERREN, Doris IMESCH, Bernard SERMIER, Grégoire EPINEY et Patrick DELLA BIANCA. Leurs compétences, dans leurs domaines respectifs et leur engagement sans faille ainsi que leur loyauté tout au long de ces années ont fait de notre mandat, un plaisir de collaborer et un honneur de servir une institution d’exception.


Me Pierre-André Veuthey, Président du Conseil d’administration

Mot du Directeur

« Les deux choses les plus importantes n’apparaissent pas au bilan de l’entreprise : sa réputation et ses hommes » (Henry Ford)

Les objectifs fixés pour 2015 dans les conclusions du rapport d’activité 2014 pouvaient être qualifiés d’ambitieux par leur nombre et leurs différents niveaux de complexité.

La lecture du rapport d’activité 2015 est rassurante par rapport à l’atteinte de ces objectifs. L’activité de l’OCVS et de ses collaborateurs-trices ne s’inscrit pas dans le cadre d’une recherche de bénéfices à court terme mais dans celui d’un processus d’amélioration continue du dispositif préhospitalier, qui doit bénéficier en premier lieu au patient.

Alain Prost disait « la vraie réussite d’une équipe, c’est d’assurer la compétitivité dans la pérennité ». C’est bien ce mode de fonctionnement qui est cultivé au sein de notre Organisation et qui l’enrichit année après année, d’un fonctionnement gagnant en performances et d’une robustesse rassurante.

Même si l’habitude et les règles veulent que les remerciements soient adressés en fin de rapport, je me permets d’y déroger afin de mieux souligner les efforts consentis par les collaborateurs-trices de l’OCVS, sans lesquels nous ne serions pas aujourd’hui à ce niveau de compétences et de qualité des prestations.

Gandhi a peut-être une explication pour ce niveau d’engagement : « c’est dans l’effort que l’on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire ».

La lecture de ce rapport devrait permettre à chacun qui en prendra connaissance, d’imaginer le niveau de satisfaction des employés-ées de l’OCVS.


Dr Jean-Marc Bellagamba,  Directeur

Réalisations 2015 Nouvelle planification

Dans sa décision du 25 février 2015, le Conseil d’Etat valide la proposition de nouvelle planification proposée par le département de la santé, des affaires sociales et de la culture (DSSC). Celle-ci comprend notamment la mise en oeuvre d’une seconde ambulance de nuit dans la région de Sion : grâce à l’énergie dépensée par le service d’ambulances sédunois, elle sera finalement opérationnelle dès le 1er juillet 2015.

Cette nouvelle planification prévoit également la mise en service d’un dispositif ambulancier dans le district d’Entremont ; au terme d’une procédure analogue à celle des marchés publics, c’est l’Hôpital du Valais (HVS) qui reçoit le préavis favorable du conseil d’administration (CA) de l’OCVS, préavis confirmé par le DSSC. Le délai de mise en oeuvre par l’HVS étant très court pour qu’il soit opérationnel dès la haute saison d’hiver 2015, l’OCVS est en charge de mettre en place un dispositif transitoire permettant de répondre au mandat qui lui a été remis au travers de la nouvelle planification. Ce point est réalisé à satisfaction de toutes les parties grâce aux services d’ambulances de Monthey, Viège, Saastal et Mattertal qui ont mis à disposition en alternance un équipage dédié.

La dernière modification engendrée par la mise en application de la nouvelle planification conduit à la réduction du subventionnement pour le service d’ambulances de Grächen à la seule ambulance 12 heures de jour ; de fait, le subventionnement versé pour le service de nuit est interrompu à partir du nouveau contrat de prestations qui prend effet au 1er janvier 2016.

Transferts

Ce point est étroitement lié au précédent, puisque l’exclusion des transferts non-urgents du dispositif préhospitalier cantonal est un prérequis à la mise en oeuvre de la nouvelle planification.

Cependant, cette mixité des missions préhospitalières et hospitalières est très ancrée dans l’esprit et les pratiques, ce depuis des années. A présent, il est difficile de faire comprendre à chacun que des moyens destinés à intervenir n’importe où dans le canton sur des urgences vitales de toute sorte ne doivent pas être engagés pour transporter un patient d’un hôpital à un autre dans le but de réaliser un examen ou une consultation. Par ailleurs, il n’existe actuellement pas de dispositif correctement dimensionné et suffisamment organisé pour répondre à satisfaction aux besoins des hôpitaux valaisans. De fait, le dispositif préhospitalier est pris en otage car il n’a pas d’autre choix que de réaliser ces transferts non-urgents au risque « d’emboliser » les services hospitaliers.

L’OCVS travaille sur le solutionnement de cette préoccupation depuis plusieurs années et voit se profiler en 2015 les éléments qui devraient permettre d’aboutir à une résolution du
problème en 2016.

Ceci ne concerne en rien les transferts interhospitaliers urgents qui sont une mission propre à l’OCVS et réalisés au travers du dispositif préhospitalier cantonal.

Révision de la loi sur l’organisation des secours (LOS)

Suite à son rapport du 28 janvier 2014, la commission de gestion du Grand Conseil dépose la motion 2.0042 dans laquelle elle propose que les statuts de l’OCVS soient modifiés pour devenir un établissement autonome d’intérêt public. Ce changement vise trois objectifs :

  • définir son organisation et son fonctionnement ;
  • clarifier la répartition des tâches et compétences ;
  • revoir et clarifier les dispositions relatives au financement.

Une commission extraparlementaire a été constituée et présidée par Me Viola Amherd. Tous les partenaires du sauvetage ainsi que les régions linguistiques sont représentés au sein de cette commission qui a réussi à produire le projet de loi révisée dans des délais courts et à la décision quasi unanime pour chacune des propositions de révision. La poursuite du projet va encore durer en 2016, voire en 2017, en fonction de la réception qui sera faite à ce projet.

Parallèlement à sa mise en application, l’assemblée générale (AG) sera de fait dissoute tout comme le CA actuel. L’AG fera place à une assemblée des partenaires disposant d’un pouvoir consultatif.

eFIP

Un système de fiche électronique d’information patient (eFIP) avait été créé et mis en oeuvre en 2003. Cette fiche remplie pour chaque patient lors de chaque intervention préhospitalièrea un triple objectif :

  • médico-légal : elle permet à l’ambulancier de formaliser l’ensemble des éléments de prise en charge et de les communiquer au médecin ou à l’infirmier auquel il remet le patient ;
  • statistique : c’est la source même de toutes les informations indispensables à faire des évaluations qualité sur les prises en charge, les analyser et permettre ainsi de s’engager dans un processus d’amélioration continue ;
  • organisationnel : données capitales pour conduire une évaluation et une réévaluation récurrente des planifications arrêtées.

En 2009, le produit est revisité et amélioré ; il est alors utilisé par tous les cantons romands.

A la suite de diverses complications en lien essentiellement avec le fournisseur d’application, mais aussi suite aux difficultés d’harmoniser les choix et politiques des cantons partenaires de ce produit, un abandon progressif de FIP 2009 débute en 2013. Le Valais sera le dernier à quitter le produit.

Vaud s’engage en 2014 sur un système américain qui nécessite beaucoup d’énergie ainsi que des moyens financiers particulièrement élevés pour sa mise en oeuvre.

Le Valais décide de redévelopper l’ancien modèle, en lui apportant toutes les pistes d’amélioration que les technologies nouvelles offrent. Sans entrer dans le détail, il s’agit de l’utilisation de crayon à lecture optique et de papier tramé. La réalisation du projet durera un peu plus d’un an. Sa mise en service a eu lieu en novembre 2015.

Le produit répond aux mêmes objectifs que FIP 2009 avec des avantages qui ne seront pas débattus dans ce rapport. De plus, l’aspect statistique a été significativement renforcé : le « datawarehouse » est hébergé par l’Observatoire Valaisan de la Santé (OVS) qui garantit la qualité de traitement des données et un haut niveau de fiabilité des statistiques produites. Ce rapport 2015 présente en avant-première certaines d’entre elles. Un outil d’analyses, déjà partiellement développé en 2015, sera mis à disposition des entreprises de sauvetage en 2016 ; il leur permettra de créer leurs propres analyses et études complémentaires facilitant les approches en matière de système qualité.

SIE

Actuellement, l’ensemble du parc des véhicules sanitaires (ambulances et SMUR) du canton est équipé avec le système informatique embarquée (SIE). Il s’agit d’une borne rayonnante possédant une carte SIM permettant à l’équipage d’avoir une connexion Wi-Fi (à l’intérieur comme à l’extérieur du véhicule avec une portée d’environ 150-200 m) ainsi qu’une liaison permanente avec la centrale 144 via le système d’aide à l’engagement ELS3 que les régulateurs des urgences sanitaires (RUS) utilisent lors de la réception d’une demande d’aide médicale et lors de l’engagement d’un moyen de sauvetage disponible.

Une tablette embarquée vient compléter ce dispositif informatique. Elle reçoit toutes les informations transmises via la centrale pour le cheminement, le guidage, la localisation et sur l’état de santé du patient nécessitant l’intervention. Elle sert également à enregistrer les différents statuts du véhicule depuis son départ de la base jusqu’au moment où il est à nouveau opérationnel dans le circuit des engagements quotidiens après avoir quitté le site et remis le patient aux urgences de l’hôpital de destination. Depuis peu, la tablette sert également de décharge pour le stylo digital qui permet à l’ambulancier responsable de l’intervention de remplir sa nouvelle eFIP.

POLYCOM : une technologie polyvalente

Polycom est un réseau radio numérique à ressources partagées ; il permet aussi bien les communications que la transmission de données par radio. Les communications radio sont cryptées. Au lieu d’un canal radio attribué à chaque utilisateur de manière fixe dès le départ, le système cherche un canal libre de l’infrastructure pour chaque nouvelle liaison établie. Ce procédé permet une utilisation optimale des capacités radio. En outre, la technique numérique augmente significativement la qualité et la sécurité des systèmes radio. La liaison avec des réseaux radio conventionnels n’est pas permise mais est possible. Si le canal radio n’est pas disponible, les terminaux peuvent fonctionner en mode «talkie-walkie».

L’OCVS a intégré ce nouveau système de communication le 11 novembre 2015. La grande difficulté pour l’ensemble des sauveteurs réside dans le fait que nous n’avons pas pu équiper le parc complet des anciennes radios analogiques en radios Polycom pour plusieurs raisons (prix et confidentialité pour les non-professionnels). Toujours est-il qu’actuellement, il nous manque environ 600 radios Polycom pour retrouver la qualité et l’efficacité de l’ancien système. La communication avec les hélicoptères de sauvetage est notre plus grande préoccupation. L’utilisation de Polycom à bord de ces machines représente de gros problèmes techniques et financiers. Pour garder le contact indispensable à la sécurité de tous et pour garantir une rapidité d’intervention, le système analogique doit être maintenu avec les autres partenaires du sauvetage.

La plus-value du concept Polycom est la communication commune dès le départ d’une intervention particulière (incendie, accident sur l’autoroute, forcené, etc.) entre tous les partenaires feux bleus sur un seul et même canal. Ce dernier est défini en fonction de la région et de l’occupation du système (cf. tableau de la police cantonale).

Il permet à chaque entité, d’avoir en temps réel toutes les informations nécessaires à la bonne mise en oeuvre des différents processus métier sans perdre de temps et en permettant de garantir la sécurité de tous les intervenants.

Poste de commandement Front (PCF)

Notre poste de communication/commandement sanitaire est opérationnel. Il est intégré dans le système de mise en alarme dès la montée en puissance d’un événement sanitaire majeur (ESM). Il est mis en phase opérationnelle grâce à la présence à bord d’un RUS de piquet, d’un ambulancier chef des secours adjoint et de deux personnes du groupe d’intervention rapide (GIR) de la protection civile (PCi).

Il est chargé de gérer toutes les communications sanitaires en provenance du site d’intervention : il remonte régulièrement à la centrale 144 l’ensemble des informations et il coordonne avec elle l’engagement des moyens.

Le PCF sanitaire travaille en collaboration avec les PCF de nos deux autres partenaires : celui de la police cantonale et celui de l’office cantonal du feu.

Déménagement du VSS

Pour diverses raisons liées au fonctionnement opérationnel du véhicule de soutien sanitaire (VSS) du Chablais, ce dernier a quitté la caserne du service de défense incendie et secours (SDIS) d’Aigle le 28 décembre 2015 pour s’établir dans ses nouveaux locaux au sein du centre de secours et incendie (CSI A) de la ville de Monthey.

Nous avons également profité de cette occasion pour effectuer un changement dans la structure du groupe d’appui samaritains (GAS) du Chablais en créant le détachement du poste médical avancé (DPMA) du Chablais avec un nouvel organigramme de répartition des tâches et responsabilités.

La conduite de ce véhicule est assurée par le piquet 118 du CSI A de Monthey avec la mise à disposition, 24/24 heures et 365 jours/an, de deux chauffeurs poids lourds. Ces derniers sont responsables d’amener ce moyen d’appui logistique jusqu’au site de l’intervention et de le mettre à disposition de l’ambulancier leader, respectivement de l’ambulancier chef des secours, pour recevoir un emplacement pour le montage d’un PMA.

La remorque DETOX est en cours de montage en 2015 et sera en service dans le premier semestre 2016.
 

Véhicule d’engagement OCVS

Le nouveau véhicule pourra remplir ses différentes missions dès le printemps 2016. Il servira de véhicule de conduite, comme poste de commandement (PC) « capot », dans la première phase de la gestion en amenant sur le site de l’intervention tout le matériel nécessaire pour faciliter les prises de décision du binôme de conduite ambulancier/médecin chef des secours (ACS/MCS) et mettre à disposition les moyens de coordination nécessaires.

Equipé d’un puissant crochet de remorque permettant de tracter 3 t, il permettra également de véhiculer la remorque DETOX sur le site d’un événement impliquant la présence de produits contaminants et/ou toxiques.

Il pourra aussi être mis à disposition des services mobiles d’urgence et de réanimation (SMUR) du canton en cas d’immobilisation du véhicule officiel durant une durée prolongée.

Nouvelle organisation de la centrale 144

Au printemps 2015, les activités de la centrale 144 ont fait l’objet d’un audit dans le cadre d’un processus d’amélioration continue. L’OCVS a entrepris une démarche qualité baptisée Qernel par analogie au Kernel, noyau qui permettra à l’OCVS de remplir ses missions à satisfaction sur le long terme, mais avec le « Q » de qualité.

Certaines mesures ont été prises immédiatement suite au rapport d’audit en juillet 2015 et une nouvelle organisation de la centrale est décidée pour 2016. Cette nouvelle organisation remplit plusieurs objectifs :

  • le renforcement de la formation continue des régulateurs des urgences sanitaires (RUS) Le responsable opérationnel de la centrale est en charge de son fonctionnement, de son organisation, de la formation de base et continue, de la rédaction des procédures, du système qualité et enfin du suivi administratif des RUS. Chacune de ces missions est remplie par un collaborateur différent dans les autres centrales du pays ; pour cette raison, ce qui devait être traité de manière prioritaire dans notre centrale se faisait dans certains cas au détriment de la formation continue ; une correction devenait impérative ;
  • la sécurisation du domaine technique de la centrale 144, la garantie de la prise en charge des urgences et la pérennité du service de la centrale 144. Il s’agit d’un point identifié depuis assez longtemps mais qu’il n’était pas possible de corriger en raison des effectifs alloués et de l’impossibilité de les augmenter. Ce sont essentiellement des départs en retraite de collaborateurs qui ont permis à l’OCVS de réfléchir à une nouvelle organisation interne pour pallier ces difficultés.

Deux postes sont identifiés dans le cadre de cette nouvelle organisation :

  • technicien IT centrale en support au responsable informatique et téléphonie (IT) : il est en charge de l’ensemble des points hardware et software, à la base du bon fonctionnement de la centrale 144. Le responsable se concentre davantage sur la stratégie IT, la veille technologique, les aspects processus et qualité de la globalité de l’environnement IT de l’OCVS ;
  • responsable opérationnel adjoint : ce poste permet de répondre aux points cités ci-dessus en matière de formation des RUS et du système qualité de la centrale d’engagement sanitaire.
Contrat de prestations

Les premiers contrats de prestations avec les compagnies d’ambulances ont été signés pour l’année 2015. Ils permettent de fixer les droits et devoirs de chacune des parties. Ils sont indispensables pour encadrer la définition des prestations attendues en termes de qualité et de volume. Des indicateurs sont arrêtés dans ce même contrat pour permettre une mesure objective des résultats annuels et mettre en place des mesures correctives pour les années suivantes ; ce contrat est effectivement annuel et évolutif. Enfin, il protégera mieux la planification d’un éventuel arrêt inopiné d’activité d’un service de sauvetage qui peut remettre en question la sécurité sanitaire de la population dans le secteur du secours préhospitalier.

L’OCVS souhaite signer ce type de contrat avec ses autres partenaires que sont les SMUR et les services de sauvetage héliporté.

Négociation des tarifs des interventions héliportées

Suite à l’échec des négociations avec tarifsuisse, les parties ont demandé au DSSC l’ouverture d’une procédure de fixation des tarifs d’autorité. La décision du Conseil d’Etat du 9 septembre 2015 fixant les tarifs pour les interventions de sauvetage par hélicoptère a fait l’objet de recours par l’OCVS, Air-Glaciers, Air Zermatt et tarifsuisse auprès du Tribunal administratif fédéral.

Nous devons nous attendre à un long processus décisionnel, probablement d’une durée minimale de deux ans. Outre la démarche de droit, ce recours va entraîner une charge administrative au sein des services comptables des compagnies en fonction des décisions qui seront arrêtées.

Au-delà de ces aspects strictement financiers, nous devons garder bien présent à l’esprit que nos deux compagnies de sauvetage Air-Glaciers et Air Zermatt, réalisent à elles seules le 20 % de nos interventions préhospitalières urgentes. Si la perte d’attractivité économique ou pire, le fonctionnement à perte dans le cadre des missions de secours, doit pousser ces deux entreprises à interrompre leur service de sauvetage, le dispositif terrestre cantonal n’est pas dimensionné pour absorber cette partie d’activité qui, elle, ne va pas disparaître.

Soutien à la formation des ambulanciers

Il est fréquent d’entendre parler de sous-médicalisation dans certaines régions. Cet état de fait avéré a des conséquences immédiates sur les couvertures de garde médicale de ces mêmes régions. Pour cette raison, il devient de plus en plus difficile de trouver des médecins volontaires prêts à s’engager dans le dispositif « Service médical d’urgence de proximité » (SMUP).

Nous avons tout au moins la même préoccupation concernant le recrutement de nouveaux ambulanciers. Cette situation n’est pas propre au Valais, mais à toute la Suisse. Différentes raisons en sont à l’origine parmi lesquelles on peut retenir :

  • la diminution de la durée de vie professionnelle moyenne pour cette activité : elle n’est plus que de sept ans, d’une part du fait de la féminisation du métier et d’autre part de sa pénibilité ;
  • de plus en plus de personnes souhaitent un travail à temps partiel ; l’effet est mécanique et entraîne la nécessité de former plus de futurs ambulanciers pour maintenir l’effectif équivalent en nombre de postes plein temps ;
  • enfin, il faut également reconnaître que les niveaux de rémunération sont plus attractifs dans certains cantons qui aspirent ainsi nos jeunes diplômés pourtant formés dans des services d’ambulances valaisans.

Pour toutes ces raisons, ce thème a été discuté par l’OCVS en collaboration avec le service de la santé publique (SSP). Des pistes ont été identifiées et l’une d’entre elles verra probablement le jour en 2016.

Les principes de base sont les suivants : il s’agit d’accorder un soutien financier aux techniciens ambulanciers qui suivent une formation d’ambulancier ES en emploi. Ce soutien est en principe réservé aux personnes qui sans cela ne pourraient pas entreprendre cette formation compte tenu de leur taux d’activité de 70 %. Les ambulanciers en formation qui bénéficieront de ce soutien signeront un contrat dans lequel ils s’engageront à travailler pendant trois ans dans un service d’ambulances du canton du Valais.

Association valaisanne des psychologues d’urgence (AVPU)

La direction de l’OCVS a tenu plusieurs séances en 2014 et 2015 avec ses partenaires de l’AVPU ainsi que les intervenants du même domaine pour la partie haut-valaisanne ; ces intervenants réalisent un travail exceptionnel et font preuve d’une grande disponibilité.

Etant donné la situation économique du canton et les moyens qu’il faudrait mettre en oeuvre pour disposer en Valais, comme cela est le cas dans la plupart des autres cantons, d’un
dispositif « Care Team » dont le dimensionnement et les compétences sont adéquats pour la prise en charge de nombreuses victimes et/ou impliqués dans le cadre d’un ESM, l’OCVS a préféré mettre en stand-by ce projet ; cette thématique doit malgré tout être traitée dans les meilleurs délais possibles.

En attendant de s’engager plus en avant dans un concept compatible avec la gestion dans le cadre d’un ESM, l’OCVS prépare des pistes de soutien rapidement applicables pour encourager le maintien des structures actuelles.

Régulation médicale

Pour rappel, sa composition est unique en Suisse, puisque c’est la seule qui fonctionne avec des médecins régulateurs alors que dans les autres cantons, il s’agit de personnel infirmier, voire de personnel non médical formé à cette tâche. L’avantage de disposer de médecins est qu’ils sont habilités à poser un diagnostic et rédiger une prescription médicale : cela fait de loin la différence, puisque depuis sa mise en service en 2007, les médecins faisant partie des cercles de garde ont vu réduire très largement la pénibilité de leur activité.

Cependant, les médecins qui l’animent partent progressivement à la retraite et la relève se fait peine à venir. L’OCVS rappelle régulièrement l’importance de participer à la régulation au travers des vecteurs de communication qui lui sont disponibles, y compris la Société médicale du Valais.

L’OCVS en chiffres

Les données sont à présent traitées par l’OVS ; pour chacune des analyses réalisées, des critères concernant la qualité des données sont définis pour les inclure ou non dans les résultats présentés. Le but est de les rendre cohérentes et exploitables.

Toutes les données proviennent des informations saisies dans les eFIP ; 2015 est une année de transition pendant laquelle les FIP ont été saisies partiellement sur FIP 2009, eFIP environnement de test et eFIP environnement de production. Il a fallu consolider l’ensemble de ces sources et il ne nous a pas été possible d’intégrer dans les résultats présentés l’activité de l’ambulance de transfert dédiée de l’HVS ; ces données seront introduites ultérieurement dans les prochains rapports, mais pour permettre aux lecteurs de se faire une idée de l’activité globale du dispositif, l’ambulance dédiée de transfert a réalisé environ 850 transferts non urgents en 2015.

Délai de départ 2015

Nb interventions par type et priorité

Nb interventions par problème principal

nombre d’appels entrants sur le numéro 144

Interventions SMUP

Les médecins SMUP ont exprimé à plusieurs reprises leur perception de la diminution de leur engagement par la centrale. Comme annoncé dans le rapport 2014, une analyse prospective de disponibilité a été réalisée en 2015 : elle montre qu’environ 50 % des demandes d’engagement formulées par la centrale sont au final honorées par les médecins SMUP; cependant, il n’est pas possible d’attribuer la réduction du nombre global à cette analyse car nous ne disposons pas de référentiel au titre des années précédentes.

Pour mieux garantir le respect des engagements SMUP selon les critères, deux points doivent être mis en oeuvre : ils sont repris dans les objectifs 2016.

Interventions secours régionaux et first responders

On compte plus de 900 interventions des secours régionaux : il s’agit d’interventions réalisées par les stations de secours, sauveteurs spécialisés, conducteurs de chien et plongeurs.

Ces chiffres ne justifient pas de commentaire particulier si ce n’est qu’ils démontrent la nécessité de maintenir ce dispositif dont les multiples missions vont de l’assistance opérationnelle aux professionnels au maintien des fonctions vitales de patients en arrêt cardio-respiratoire en attendant l’arrivée des secours professionnels. Ces chiffres méritent par contre d’être encore complétés par d’autres analyses plus fines. Ce point est repris dans les objectifs 2016.

Avalanches et crevasses
  • 28 accidents d’avalanches
  • 14 accidents de crevasses
Bilan au 31 décembre 2015

Généralités

Nous vous présentons le bilan et les comptes de résultat de l’exercice 2015 de l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS), association régie par les articles 60 et ss du Code civil suisse. L’OCVS a été reconnue d’intérêt public par décision du Conseil d’Etat conformément aux dispositions de la loi du 27 mars 1996 et de l’ordonnance du 20 novembre 1996 sur l’organisation des secours. Son siège est à Sierre, auprès de la centrale d’alarme.

Les comptes sont également soumis à la révision du département des finances, des institutions et de la santé et de l’inspectorat cantonal des finances. Le déficit d’exploitation reconnu
est pris intégralement en charge par l’Etat du Valais. Toutefois, le budget qui est présenté pour chaque exercice doit être strictement respecté.

Exécution budgétaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Différence de prévision budget

Sans entrer dans les détails et les aléas de l’exercice budgétaire, qui de par sa nature est objet de différences de prévision, l’année 2015 a été marquée par les écarts suivants :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contrôle des comptes

 

Le contrôle des comptes est effectué par Consultec, Conseil d'entreprises et Fiduciaires SA, à Sierre.

 

Béatrice Burgener, Comptabilité

 

 

 

 

Objectifs 2016 ALMA

Des réflexions doivent être conduites pour le déploiement applicatif, la formation des utilisateurs finaux sur le terrain, dans les hôpitaux et en centrale. Pour convaincre nos partenaires et cantons voisins, nous allons démontrer au travers de véritables interventions que ce produit répond vraiment aux attentes.

La gestion administrative des patients impliqués dans un ESM reste encore et toujours le point faible des sanitaires dans ce type d’intervention.

L’actualité mondiale des derniers mois, notamment les attentats de Paris et Bruxelles, nous l’a rappelé en mettant en évidence les qualités certaines des professionnels sanitaires dans des circonstances extrêmes mais également en démontrant la difficulté à réaliser l’identification ainsi que le suivi temporo-spatial des victimes impliquées dans un tel événement.

L’OCVS poursuit ses réflexions et cherche depuis plusieurs années une réponse à cette préoccupation. La solution est venue du terrain, conceptualisée par deux ambulanciers avec lesquels l‘organisation cantonale établit un contrat de collaboration pour poursuivre le développement d’un outil baptisé ALMA : il est utile pour les intervenants du front mais aussi pour les personnels qui décident des stratégies d’intervention au sein des États-Majors de conduite.

Les objectifs atteints de cette application sont essentiellement :

  • la gestion en temps réel d’un ESM, ce qui facilite l’anticipation de la montée en puissance pour tous les partenaires concernés au front, dans les hôpitaux et dans les États-Majors de conduite ;
  • la réduction importante des besoins de communication radio ;
  • l’accès aux informations relatives à chaque patient comme par exemple sa géolocalisation dans les différentes étapes de sa prise en charge sanitaire et sa situation médicale ;
  • La possibilité d’une gestion centralisée de toutes les données pour des interventions intercantonales ou plus larges encore.

Ce thème sera repris dans le rapport 2016 qui sera son année de mise en service.

Réalisation du réseau bimode de l’OCVS

A l’issue de la mise en service de Polycom et l’héritage pour l’OCVS des structures vieillissantes du réseau analogique, notre Organisation a décidé de monter son propre réseau de
radiocommunication, fonctionnant sur les dernières technologies et avec un souci d’économicité tenant compte des différentes alternatives possibles. Ce point vient en complément du chapitre « Polycom ». Le fait de disposer d’un réseau fonctionnant en bimode nous permet de réaliser une parfaite transition entre réseau analogique et numérique sans contraindre l’ensemble de nos partenaires à consentir des investissements pour se procurer de nouvelles radios ; celles qui sont en vente à présent sur le marché supportent quasiment toutes ces deux modes. La bascule de l’un vers l’autre peut donc déjà être envisagée avec sérénité.

Berce de décontamination

Le canton du Valais est au deuxième rang des cantons à risques chimiques pour la Suisse : deux importants sites de production chimiques ainsi que le transport de matières dangereuses par route et par rail au travers de notre canton en sont les facteurs essentiels.

C’est dans ce sens que le canton du Valais, sur les conseils de la commission cantonale ABC (atomique, biologique et chimique) a décidé de mettre en place le concept DETOX. Il s’agit d’une collaboration active entre les partenaires des services du feu, de la protection civile et de l’OCVS pour les sanitaires pour lesquels une planification d’engagement coordonné est maintenant réalisée. Au niveau matériel, cela signifie que le canton a dû se doter de deux berces de décontamination (stationnées à Monthey et à Viège dans les deux centres de renforts chimiques du canton).

Momentum

En 2016, l’OCVS va mettre en place un projet pilote d’évaluation du programme Momentum. Ce dernier est utilisé au Tessin ; il a pour but d’alarmer et d’engager des FR, voire de simples secouristes au bénéfice d’une formation Basic Life Support/Automatic External Defibrilation (BLS/AED) certifiée. Ce mode de fonctionner au Tessin représente un des éléments à l’origine des résultats particulièrement remarquables dans le domaine de la prise en charge des arrêts cardiorespiratoires dans leur canton.

Le système Momentum est formé de deux composants :

Interface web

L’interface web se compose d’un domaine public et d’une zone utilisateur. Il est possible d’afficher, par exemple, dans le domaine public, une carte indiquant l’emplacement de tous les défibrillateurs du canton du Valais. Quant aux données et aux profils individuels des utilisateurs, que les responsables de groupe peuvent gérer et actualiser par leurs propres moyens, ils sont mis à jour dans la zone utilisateur.

Interface mobile

Une application est disponible pour les appareils IOS, Android et Windows. L’utilisateur a la possibilité de recevoir des messages et des informations sur les interventions en installant et en saisissant les données d’accès. Outre ces informations, il est possible d’afficher un système de navigation avec une estimation du temps nécessaire pour se rendre sur le lieu d’intervention ou une carte indiquant l’emplacement des défibrillateurs environnants.

Loi et ordonnance sur l’organisation des secours : préparation à la transition

Il s’agit de préparer les différents transferts concernant les contrats de travail et autres contrats ainsi que le transfert des équipements.

Finalisation du projet statistique en lien notamment avec l’introduction de l’eFIP en 2015

Ce point vise la mise à disposition aux services de sauvetage d’un outil d’analyse.

Les statistiques doivent également être complétées pour la régulation médicale ; ce point reste cependant dépendant de la bonne utilisation par les médecins de l’outil d’enregistrement des régulations d’une part, mais aussi du nombre croissant de médecins qui régulent depuis leur domicile. Selon la base de données de la réécoute, ce sont 31’000 appels entrants sortants pour la régulation médicale au titre de l’année 2015.

La rédaction d’un concept global du secours préhospitalier valaisan

Ce concept doit comporter toutes les dimensions du secours préhospitalier et couvrir l’ensemble des missions dévolues à l’OCVS dans le projet de révision de la LOS.

Projet Qernel dans tous les secteurs de l’OCVS

Un gros chantier est prévisible sur ce thème : processus et procédures, canevas, indicateurs de qualité et bien d’autres. Dans le meilleur des cas, tous les aspects relatifs à ce projet seront traités et finalisés d’ici 2018. En parallèle à ce chantier auront lieu deux audits externes, le premier consacré à l’ensemble du domaine IT et le deuxième au secteur administratif de l’OCVS. L’objectif final vise la pérennité du fonctionnement de notre Organisation mais aussi la mise en place des processus et procédures améliorant la qualité de ces environnements

Introduction d’un nouveau logiciel de comptabilité

Le logiciel utilisé par l’OCVS n’est plus supporté par son fournisseur. Une solution de remplacement doit être mise en place en 2016 pour être opérationnelle dès 2017.

Filière ACR

Sous l’impulsion du chef de cardiologie de l’HVS et du SSP, une nouvelle analyse propre à la qualité des prises en charge préhospitalières lors d’arrêt cardiocirculatoire a débuté en 2015. Un point de situation, voire un concept pourra voir le jour en 2016.

Logiciel de la garde médicale pour le Valais romand

Il doit être adapté avec deux objectifs principaux : d’une part, laisser la main aux médecins responsables des cercles de garde pour mettre à jour les agendas et, d’autre part, permettre
le lancement de certaines analyses statistiques sur les aspects opérationnels du déroulement de la garde médicale

Révision des codes d’engagement AMPDS

Elle portera sur tous les codes et en particulier ceux qui déterminent l’engagement des SMUP et des FR. Une nouvelle formation dédiée à ce point particulier sera mise sur pied à l’attention des RUS.

Indicateur d’engagement pour les médecins SMUP

Pour ce point précis, la seule méthode fiable pour monitorer est l’adaptation du programme informatique actuellement utilisé; cette réalisation pourrait se voir reportée à 2017 en fonction de la capacité de l’OCVS à mettre en place l’ensemble des objectifs précités.

Remerciements

L’OCVS adresse ses remerciements à l’ensemble de ses partenaires du secours préhospitalier, professionnels et non-professionnels. Ils s’adressent ensuite à tous les partenaires avec lesquels nous avons eu l’occasion de travailler et faire avancer les projets ; l’un d’eux est l’Observatoire valaisan de la santé (OVS) ; il nous a permis de conduire à bien le projet eFIP.

La direction de l’OCVS remercie particulièrement son CA, le chef de service du SSP ainsi que la cheffe du DSSC pour la qualité des relations professionnelles : élément fondamental pour l’atteinte d’efficience optimale et d’une concentration maximale sur la gestion des aspects purement opérationnels.

Conclusion

A la lecture des objectifs que nous nous sommes déjà fixés pour 2016, le calcul du niveau de satisfaction évoqué dans l’introduction de ce rapport ne manquera pas d’être au moins égal à celui vécu en 2015.

Quelles que soient ses activités, et au risque de se répéter, notre Organisation, dans ses réflexions, ne cessera de maintenir l’intérêt du patient au centre de ses préoccupations.

Enfin, dans un autre registre, l’OCVS va avoir le plaisir de célébrer ses 20 ans d’existence en 2017 et ne manquera pas d’honorer cet événement. Nous espérons d’ores et déjà vous retrouver à cette occasion.

Rapport d'activité 2014 Sommaire Mot du Président

On dit que l’Histoire se répète. En fait, des situations se reproduisent, parce que l’on n’a pas voulu remédier à leurs causes. Dans le rapport d’activité de 2011, j’avais parlé de la faillite d’une entreprise de Martigny qui exploitait des ambulances desservant le coude du Rhône. La reprise de leur activité par l’Hôpital du Valais nous avait rassurés et l’on pouvait penser que cet épisode demeurerait isolé, même si une autre compagnie montrait des signes inquiétants.

J’avais avisé le Département en soulignant les doutes que nous avions sur cette compagnie, mais apparemment il n’était politiquement pas opportun d’insister. Toujours est-il que, sans crier gare, cette compagnie annonçait à l’OCVS en mai 2014 qu’elle cesserait son activité dans les trois mois ! En conséquence, nous devions pallier à ce départ dans un délai dérisoire, tout en étant contraints de respecter un fatras de prescriptions administratives et notamment, ne serait-ce que par analogie, la procédure des marchés publics dont on ne dira jamais à quel point elle est inadéquate dans de telles situations. Finalement, grâce à l’Hôpital du Valais une nouvelle fois, une solution de qualité et durable a pu être trouvée, mais on ne peut plus cacher à quel point le système actuel est insatisfaisant.

Posons d’abord qu’il s’agit d’une situation exceptionnelle. Sans doute, mais elle s’était produite trois ans plus tôt ! Si le Haut-Valais et le Chablais sont couverts par des entreprises privées qui effectuent parfaitement leur travail, il s’est trouvé qu’en trois ans le Valais central a vu deux entreprises privées se dérober à leurs tâches avec toutes les conséquences que cela aurait pu avoir pour la population valaisanne. J’écrivais en 2011 que je croyais à la confrontation et l’émulation entre compagniespubliques et privées, pour autant que celles-ci démontrent leur fiabilité économique. Sans l’aide de l’Etat, l’OCVS n’a aucun moyen de pression pour obtenir ces renseignements. Dans le cas qui nous occupe, elle ne l’a pas reçue. En outre, qu’il s’agisse de la faillite de la compagnie d’ambulances de Martigny ou du retrait abrupt de celle de Sierre, on ne peut pas dire que cela ait particulièrement ému les députés qui, hormis quelques réactions éparses dans les districts concernés, n’ont strictement posé aucune question quant à l’avenir du système ambulancier de notre canton.

Alors, à terme, faudra-t-il en arriver à un système confiant les ambulances au service public ?

La réforme de la Loi sur l’Organisation des Secours donnera l’occasion de reprendre en main ce dossier. Les obligations de l’OCVS ont tellement augmenté depuis quinze ans que sa structure est
notoirement insuffisante. Actuellement, son organisation associative ne répond plus à l’ampleur de ses tâches et à la souplesse dont elle doit faire preuve dans ses prises de décisions. Le fait qu’elle dépende d’une assemblée générale où le principal bailleur de fond, l’Etat du Valais, ne dispose que de cinq voix démontre un système inadéquat. L’idée de la transformer en établissement de droit public autonome, indépendant de l’Etat et de ses partenaires, lui demeurant lié par des contrats de prestations, fournira une indépendance et un budget permettant de prendre des décisions sans subir des pressions inadaptées. Sans doute y en aura-t-il, indirectes, inattendues, ne serait-ce quepar la provenance des membres du conseil d’administration. Mais à ce moment nous en reviendrons à un problème de personnes et ceux qui en tiendront les rênes, pour autant qu’ils le veuillent, ne seront plus à la merci de considérations ou d’intérêts étrangers aux buts que poursuit l’OCVS.

Je remercie une nouvelle fois toute l’équipe de l’OCVS emmenée par son Directeur, Jean-Marc Bellagamba, dont la passion pour leur tâche ne se dément pas. Je remercie également la Direction de la Santé publique pour l’excellente et franche collaboration que nous menons sans heurt depuis de nombreuses années.


Me Pierre-André Veuthey, Président du Conseil d’administration

Mot du directeur

L’OCVS travaille depuis 2013 sur de nombreux projets touchant aussi bien son propre fonctionnement que celui du dispositif pré-hospitalier. Il s’agit d’une importante charge de travail
qui vient s’additionner à l’activité du quotidien. On pourrait penser qu’il faut du courage pour ne pas se laisser déstabiliser par toutes ces tâches, mais comme se plaisait à dire Henry de Montherlant : « Il n’y a pas besoin de courage quand on est porté par une passion ». A la lecture de ce qui va suivre, il est probable que certains se demandent si tout ce qui est entrepris est bien raisonnable et nécessaire. Du côté de l’OCVS, nous en avons la conviction et comme disait Winston Churchill : « Mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne nous prenne par la gorge ».

Trêve de citations et entrons à présent dans le vif du sujet.

 

Dr Jean-Marc Bellagamba, Directeur

Réalisations 2014 Système d’aide à l’engagement
L’OCVS a doté sa Centrale 144 d’un nouveau système d’aide à l’engagement (SAE). Les coûts de fonctionnement et de maintenance corrective et évolutive de l’ancien système étaient particulièrement élevés et ce dernier ne répondait pas de manière optimale aux besoins d’une centrale sanitaire ; il s’agissait effectivement d’un système développé initialement pour les besoins de la police. Une étude du marché ainsi que l’analyse sur site de plusieurs centrales utilisant ce SAE nous a conduits à conclure que le système ELS3 était le plus adapté à nos besoins. Il s’agit d’un choix « win win » au travers duquel nous améliorons la qualité opérationnelle de la Centrale tout en réduisant les coûts de fonctionnement avec un retour sur investissement palpable dès la troisième année. Il ne s’agit surtout pas de faire du triomphalisme et nous devons reconnaître avoir passablement transpiré lors de la mise en service du système ; comme c’est très souvent le cas dans les migrations de logiciels informatiques, la remontée des données s’est montrée plus compliquée que prévu et a causé finalement du retard dans la mise en service du système informatique embarquée (SIE).
 
Le SIE n’est autre que le pendant du SAE, sur le terrain, dans les véhicules d’intervention. Côté matériel, il s’agit essentiellement de l’installation d’une borne Wifi et d’une tablette ; c’est au travers de ces outils que la Centrale d’engagement 144 adresse ses interventions à nos intervenants et c’est également grâce à ces mêmes outils que ces derniers communiquent en retour diverses informations à la Centrale 144. Plusieurs objectifs sont ainsi visés : la qualité de la transmission des données, la rapidité de cette transmission ainsi que la réduction du parasitage de notre Centrale par des appels radio grâce à l’automatisation d’échanges de données entre cette dernière et les intervenants du terrain.
Centrale de redondance

La seconde grande réalisation 2014 est la mise en oeuvre de notre centrale de redondance. Les réflexions conduites ont permis d’aboutir à une solution répondant de manière adéquate à nos besoins opérationnels et dont les coûts restent particulièrement faibles : environ CHF 70’000 pour sa mise en oeuvre et CHF 25’000 pour sa maintenance annuelle. Il s’agit d’un projet dont l’exemplarité est à souligner en matière d’efficience.

En cas d’inhibition de notre Centrale 144 à Sierre, c’est une cascade de procédures techniques qui aboutissent à l’armement et la mise en service de la centrale de redondance à l’Institut central des hôpitaux valaisans (ICHV) à Sion, tout en garantissant la continuité du service du numéro 144. Sans entrer dans plus de détails, l’ensemble des aspects techniques, infrastructurels et opérationnels a été traité dans ce dossier et permet à présent de garantir le fonctionnement totalement autonome de notre Centrale 144, qu’il s’agisse de notre centrale permanente de Sierre ou la centrale de redondance de Sion.

Transferts inter-hospitaliers

Une autre avancée en 2014 est celle de l’aménagement de la réalisation des transferts S3. Depuis sa création, le dispositif pré-hospitalier planifié remplit l’ensemble des missions primaires (P1, P2, P3) et secondaires (S1), mais il fournit également les prestations nécessaires à la réalisation des transferts non urgents inter-établissements hospitaliers de type S3. Ces prestations réduisent la disponibilité des moyens dédiés à la prise en charge des situations urgentes pré-hospitalières et mettent, à ce titre, potentiellement en danger la sécurité sanitaire de la population. Il s’agit de prestations demandées et commandées exclusivement par les hôpitaux et autres établissements médicaux. En 2014, sous l’impulsion du Département de la santé, des affaires sociales et de la culture (DSSC) et du Service de la santé publique (SSP), l’Hôpital du Valais (HVS) met en service une ambulance dédiée exclusivement à la prise en charge des S3 dans le canton. Pour diverses raisons, ce dispositif dont la mise en service remonte au 1er mars 2014 n’atteint pas les objectifs fixés. Ce type de transferts est essentiellement destiné à changer un patient d’établissement hospitalier, ou à réaliser des examens spécialisés : qu’il s’agisse de l’une ou l’autre de ces situations, ces dernières sont très souvent programmées la veille ou plusieurs jours à l’avance. Il devrait en conséquence en être de même pour les transferts et pourtant force est de constater que moins de 30 % de ces transferts S3 sont programmés la veille au moins, les autres étant commandés au jour le jour. Cet état de fait rend quasi impossible une planification avec optimisation de l’utilisation dudit moyen.

Nous ne sommes pas face à un échec mais nous devons poursuivre des réflexions pour inverser la tendance actuelle et ainsi protéger le dispositif pré-hospitalier urgent et ses capacités d’intervention. Certaines pistes paraissent d’ores et déjà évidentes : la sensibilisation et l’information
des personnes qui commandent ces moyens, la recherche d’un outil de planification adéquate et l’analyse de l’organisation opérationnelle.

Le but à terme est de séparer définitivement les moyens destinés aux urgences de ceux utilisés pour les transferts inter-hospitaliers non urgents.

Fiche d’intervention pré-hospitalière

Depuis plus de 10 ans, nos ambulanciers saisissent leurs interventions sur des fiches d’interventions pré-hospitalières (FIP). L’ensemble de ces données est collecté sur un programme indispensable, d’une part, au contrôle qualité et, d’autre part, aux analyses statistiques permettant l’évaluation continue de l’adéquation de la planification. Ce programme est le fruitd’une collaboration inter-cantonale romande. Développé la première fois en 2003, il a été « adapté » une nouvelle fois en 2009. Ces dernières années, certains des cantons participant au programme FIP ont vu leur intérêt baisser pour ce dernier ; les raisons d’ordre économique et technique ont eu raison de cette collaboration inter-cantonale avec une dénonciation contractuelle progressive des cantons envers la société qui a développé et hébergé cette solution.

Fin 2014, le Valais se retrouve seul utilisateur du logiciel et en supporte l’intégralité des coûts de fonctionnement et de maintenance. Tout comme dans les autres cantons, une réflexion est conduite sur les solutions existantes du marché et sur des pistes de développement qui permettraient de répondre à nos besoins. Au final, il est décidé de conserver la FIP papier, mais attention, sur un papier tramé dont la lecture se fait par un crayon à lecture optique. Ce type de solution, déjà utilisée dans de nombreux CMS valaisans, permet de marier la sécurité de la remise des données d’interventions pré-hospitalières à l’équipe hospitalière avec le développement des dernières technologies. Au contraire d’autres solutions, ce choix sécuritaire et économiquement supportable a en plus le mérite de ne pas entraîner de changement fondamental dans la saisie des données d’intervention pour le personnel pré-hospitalier. Quatre de nos compagnies de sauvetage ont accepté de collaborer avec l’OCVS dans ce projet, dans sa phase pilote. Il s’agit des compagnies de l’HVS de Martigny, des ambulances de la Ville de Sion, de Sanität Oberwallis et de Rettungsdienst Mattertal. Débutés le 1er août 2014, les développements de la solution avancent bon train et sa mise en service est prévue pour le milieu de l’année 2015.

Commission cantonale ABC

Par décision du Conseil d’Etat, la commission cantonale ABC (Atomique, Biologique, Chimique) a été constituée en 2009. Différentes missions lui sont alors confiées : elle doit faire l’analyse de scénarii A, B et C, soumis par la commission fédérale ABC et retenir ceux par lesquels notre canton pourrait être concerné. Sur cette première analyse, la commission ABC doit faire l’évaluation des lacunes du canton pour les traiter, établir le catalogue des moyens déjà existants et enfin, rédiger un concept cantonal ABC. Dans cette commission cantonale ABC, l’OCVS est représentée et participe activement à l’élaboration des concepts et de la base documentaire. Le Valais est classé au second rang des cantons pour le risque chimique en Suisse.

Les analyses réalisées par la commission cantonale ABC ont montré certains points faibles, notamment sur tout ce qui touche à la décontamination. Un groupe de travail (GT) a été constitué avec des représentants de tous les partenaires feux bleus (sanitaires, hospitaliers, pré-hospitaliers, police, pompiers) et la Protection civile. Son rôle : établir un catalogue des mesures à mettre en oeuvre pour pallier à ces lacunes. Pour ce faire, deux axes de travail ont été développés : 

Le premier concerne les aspects matériels et équipementiers. C’est effectivement seulement sous protection personnelle ABC que nos équipes d’intervention peuvent réaliser leur mission. Ce type de protection a été défini par le GT avec en ligne de mire une harmonisation cantonale.

Toujours concernant la décontamination, il s’agit de pouvoir prendre en charge des patients contaminés et présentant en conséquence un potentiel de danger pour eux-mêmes, mais aussi pour les intervenants et les infrastructures d’accueil (rappelons-nous l’attentat de Tokyo où le plus grand nombre de contaminés se trouvait chez les soignants). Pour ce point particulier, le GT a poussé sa réflexion sur les solutions techniques existantes sur le marché permettant une décontamination de masse, mais avec une mise en service rapide et facile du dispositif.Ce dernier n’a pas pu être implémenté en 2014 mais devrait voir le jour en 2015.

Le deuxième axe est celui de la formation des intervenants. Le choix a été de développer un support de formation commun à l’ensemble des partenaires sur les connaissances de base indispensables touchant des événements de type ABC. Outre la recherche d’efficacité au travers de cette formation, le partage d’un concept unique par l’ensemble des partenaires est un pré-requis indispensable à la qualité de la coordination sur le terrain. D’autres formations complémentaires ont été données au sein des différents services d’intervention, mais qui tiennent compte de la spécificité des missions de chacun d’entre eux. Pour le domaine sanitaire, la formation a débuté dans le courant du dernier trimestre 2014. Elle a été déployée auprès des intervenants pré-hospitaliers potentiellement amenés à conduire un plan de décontamination ; elle a également été instruite au personnel hospitalier nommé par les responsables des services des urgences ou les responsables des plans généraux d’interventions. Pour le monde sanitaire, la mise en oeuvre du concept cantonal ABC et du concept de décontamination ne fait que commencer…

Association valaisanne des psychologues de l’urgence (AVPU)

L’émotion est l’un des aspects incontournables de notre travail, que ce soit en Centrale ou sur le terrain. Si les instants d’intervention et de post intervention sont très souvent vécus avec une empathie cognitive, il peut arriver à n’importe quel moment que ceux-ci cèdent leur place à une empathie émotionnelle qui devient alors difficile à gérer, pouvant même conduire à des situations de décompensation ou de syndromes post-traumatiques. Heureusement, le soutien des collègues et des proches est bien présent pour prévenir et éviter, dans la plupart des cas, ces manifestations. Par contre, ces intervenants qui se sont engagés et largement impliqués dans la prise en charge de patients ne doivent pas être en plus exposés aux aspects psychologiques douloureux post-intervention. Dans ces situations, nous sommes tous rassurés de savoir que nous pouvons compter sur des spécialistes formés et certifiés. Pour la partie romande du Valais, il s’agit de l’Association Valaisanne des Psychologues de l’Urgence (AVPU) et du Care team pour la partie haut-valaisanne. Au sein de ces deux groupements, on retrouve des psychologues d’urgence ainsi que d’autres intervenants formés par ces derniers plutôt orientés vers un soutien social et logistique. Sur une impulsion haut-valaisanne, l’OCVS a été sollicitée pour réfléchir à la mise en oeuvre d’un concept cantonal réunissant ces deux groupements. L’idée est plus que séduisante puisque le besoin est bien réel. Au travers des réflexions conduites, les objectifs sont multiples : maintenir à niveau la qualité des prises en charge en matière de psychologie d’urgence pour le canton, centraliser ces engagements à la Centrale 144, réduire le risque d’intervention d’autres tiers non reconnus, non certifiés, voire non formés à la réalisation de prises en charge psychologiques. Les deux groupements se sont réunis à l’OCVS à plusieurs reprises en 2014 pour réfléchir à un concept cantonal harmonisé. Le travail se poursuivra en 2015 et devrait aboutir à une proposition qui sera soumise aux autorités.

Site internet

La communication et l’information sont très souvent les points faibles d’une entreprise. L’OCVS, qui ne dispose pas de personnel dédié à cette mission, en est bien consciente, raison pour laquelle, son site internet a été complètement revisité et sa forme rafraîchie. Il est à présent plus convivial et des efforts sont consentis pour dynamiser son contenu. Notre mascotte, privée d’émotion (pas de bouche), ne se veut ni héroïque, ni conquérante ; elle ne fait que voler au secours de patients en détresse et exprimer que chaque appel entrant à notre Centrale 144 doit faire l’objet d’un traitement le plus rapide possible et avec toute l’énergie qui se doit. Pour figurer nos partenaires d’intervention, la mascotte de base est conjuguée aux divers types d’intervenants que l’on peut découvrir sur les pages du site. L’accès à la page d’accueil, pour les curieux, se trouve sur www.ocvs.ch.

Contrat de prestations

Enfin, pour en terminer avec les points élaborés et mis en oeuvre pendant l’exercice 2014, l’OCVS a rédigé un contrat de prestations liant les compagnies d’ambulances à notre Organisation. Le but est de définir les droits et devoirs de chaque partie et de cadrer les règles organisationnelles et fonctionnelles. Ce contrat a bien évidemment fait l’objet de consultations auprès des services contractants en vue de sa première mise en oeuvre pour l’exercice 2015.

Difficultés 2014 Orage dans le dispositif ambulancier cantonal

A sa grande surprise, l’OCVS apprend en mai 2014, la décision d’Air-Glaciers d’interrompre l’exploitation de son service d’ambulances FXB à Sierre avec un préavis de 3 mois. Pour l’OCVS, il s’agit alors d’une véritable gestion de crise pour laquelle elle doit mettre entre parenthèse certains de ses projets et même certaines de ses missions pour préparer une relève dans le district de Sierre. Plusieurs offres sont parvenues à l’OCVS pour la reprise du service et c’est, au final, l’Hôpital du Valais qui en a reçu l’adjudication. Comme cela était prévu, il aura fallu plusieurs mois au nouveau service de Sierre pour recruter l’ensemble de ses effectifs permettant un fonctionnement autonome et complet du dispositif du district. Dans l’intervalle, la collaboration et le soutien des autres compagnies du canton a été exemplaire : elles sont venues soutenir le service sierrois pendant toute la période nécessaire. Il faut ici particulièrement citer la compagnie d’ambulances Clerc à Monthey, le service d’ambulances de la ville de Sion, la compagnie d’ambulances Sanität Oberwallis et enfin, la compagnie d’ambulances de Saastal. Ce fut un exercice difficile à réaliser dans un cadre temporel particulièrement contraignant et duquel l’OCVS s’est acquittée honorablement. Cet épisode est venu renforcer l’impériosité de la mise en place d’un contrat de prestations tel que décrit au chapitre précédent, en précisant notamment le délai de résiliation d’un contrat pour un service d’ambulances faisant partie de la planification.

Cela faisait dix ans qu’il n’y avait pas eu de révision de la planification du dispositif pré-hospitalier. En 2013, l’OCVS s’attèle à la réévaluation de l’adéquation du dispositif aux besoins. La mise en oeuvre de cette nouvelle proposition de planification revêt d’autant plus un caractère urgent que le nombre de transferts non urgents réalisés par des moyens du dispositif primaire ne cesse d’augmenter, et que le nombre d’interventions primaires urgentes s’est accru de plus de 50 % sur les dix dernières années. Malgré un besoin bien démontré, la nouvelle planification ne verra pas le jour en 2014 étant donné les difficultés économiques rencontrées par le canton.

Régulation médicale

Un autre point sur lequel des réflexions doivent être conduites concerne la régulation médicale. Cette dernière, abritée au sein des locaux de l’OCVS, est gérée par des médecins la nuit et les week-ends, par contre, en jour de semaine, les appels arrivent directement sur les postes des centralistes 144. Il s’agit en totalité de près de 30’000 appels chaque année dont plus de la moitié en journée. Au contraire des médecins en charge de la régulation médicale la nuit et les week-ends, les centralistes ne font en fait que communiquer le numéro de téléphone des médecins de garde des régions concernées. En l’absence de valeur ajoutée, il est donc temps de réfléchir au développement de solutions techniques permettant d’orienter les appelants de jour directement sur les bons numéros sans parasiter le fonctionnement de la Centrale 144.

La régulation médicale offre depuis 2007 déjà, des prestations appréciées par la population mais également par les médecins : ces derniers peuvent offrir des conseils médicaux, prescrire et faxer des ordonnances à proximité du domicile des patients mais aussi demander le recours aux médecins de la garde médicale. Ainsi, le nombre de consultations et de visites à domicile est significativement réduit grâce au travail des médecins régulateurs, rendant les gardes de nuit et des week-ends bien plus supportables. Il s’agit d’une organisation unique en Suisse, seul canton où la régulation de la garde médicale est réalisée par des médecins.

Polycom

Concernant Polycom, l’OCVS n’a pas réussi à atteindre son objectif de mettre en production le nouveau système de communication fin 2014. La conjonction de différents éléments est
à l’origine de cette situation : comme expliqué dans les chapitres précédents, le retard dans la remontée de données depuis l’ancien système d’aide à l’engagement vers le nouveau, la décision inattendue de l’arrêt d’exploitation de la compagnie d’ambulances de Sierre par Air-Glaciers et enfin, d’autres aspects plus techniques concernant notamment la programmation des radios Polycom. Etant donné le nombre de projets en cours en 2014 et l’arrivée de la haute saison d’hiver fin 2014, il a été décidé de reporter la mise en service de Polycom à l’année suivante. Même si, en termes de temps, l’objectif n’est pas atteint, la décision semble raisonnable et permettra d’ailleurs de mieux réfléchir aux concepts de communication en nous donnant en plus l’occasion de profiter des expériences, bonnes ou mauvaises, des utilisateurs de ce service en Suisse.

L'OCVS en chiffres Sur le terrain

On constate une augmentation du nombre global d’interventions primaires et secondaires dans le canton, soit une augmentation d’environ 3.5 % par rapport à 2013.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Interventions First Responders (FR)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Leurs missions, droits et devoirs ont été clarifiés dans une charte à satisfaction de toutes les parties.
Interventions Service médicalisé d’urgence de proximité ( SMUP )

2012 : 518
2013 : 372
2014 : 271

La diminution très importante du nombre d’interventions réalisées par les médecins SMUP interpelle. Il n’existe pas de piste immédiate permettant d’expliquer cette réduction : en outre, il n’y a pas eu de changement dans les codes d’engagement des moyens. Le personnel de la Centrale n’a pas subi de « turn over » et les appels 144 tout comme le nombre d’interventions sont stables et même plutôt à la hausse.

Ce point nécessite une analyse plus en détail, voire un suivi prospectif. Dans l’attente de trouver des explications convaincantes, des rappels ont été réalisés en Centrale et auprès des SMUP et des FR sur les modalités d’engagement. Les SMUP sont tout comme les FR un maillon très important de la chaîne du sauvetage dans notre canton : un effondrement du nombre d’engagements risque d’entraîner un certain niveau de démotivation et peut-être même des départs. A suivre.

Interventions secours régionaux

On en compte plus de 700 : il s’agit d’interventions réalisées par les colonnes de secours, sauveteurs spécialisés, conducteurs de chien et plongeurs.

Avalanches et crevasses

29 avalanches ont nécessité une intervention : 6 décès, dont 11 blessés
21 accidents de crevasse : 3 décès

Statistiques Centrale 144 :

Nombre d’appels entrant sur le numéro 144

- 2012 : 52’457
- 2013 : 51’975
- 2014 : environ 50’000 : le passage du SAE HP à ELS3 a rendu provisoirement compliquée
la consolidation de certaines données. La situation restera approximative pour 2015 et sera
corrigée en 2016.

Evénement sanitaire majeur

Dans le cadre des événements sanitaires majeurs (ESM), on dénombre 15 alarmes pour le concept d’aide à l’engagement ACS/MCS en Valais. Au final, pour aucun des événements, le dispositif du véhicule de soutien sanitaire (VSS) , a dû être déployé. Ce véhicule a par contre été engagé une fois sur le sol vaudois pour un renfort sanitaire dans le cadre d’un incendie d’immeuble. En conclusion, doit-on être déçu de cette statistique concernant l’engagement du VSS ? Probablement pas. L’OCVS et tous ses partenaires ont dû affronter ces dernières années plusieurs événements de grande envergure alors félicitons-nous pour une fois de ne pas avoir armé le dispositif en 2014 pour la gestion d’une nouvelle crise car au final, derrière les chiffres articulés, se cachent des patients et beaucoup de souffrance alors quel objectif pour 2015 ? Souhaitons simplement qu’il soit aussi nul que celui de 2014 mais pour autant ne baissons jamais la garde parce que tout comme les assurances, que chacun d’entre nous contracte pour faire face aux différents dommages auxquels nous pourrions être confrontés, la préparation d’une réponse sanitaire à un ESM est simplement indispensable. Dans ce sens, il serait judicieux de prévoir dans les meilleurs délais le remplacement des deux remorques CECA de Sion et de Viège, datant de 1995 et présentant de grands signes de vétusté.

Le Conseil d’Etat a décidé en 2011 de confier à l’OCVS la mise en oeuvre d’une planification et d’une organisation en cas d’événement sanitaire majeur. Un poste temps plein d’ambulancier chef des secours a alors été créé. Cet effectif a été révisé en 2013 et augmenté à 1,5 EPT. Jusqu’à présent, la grande partie du travail réalisé par le bureau ESM a consisté à la coordination de l’ensemble des partenaires d’intervention et la mise en place d’une organisation capable de répondre efficacement à une telle situation. L’organisation est actuellement en place et la formation continue de ces intervenants spécifiques est assurée au travers d’enseignements théoriques et d’exercices. Tout comme nos partenaires de la Police cantonale et de l’Office cantonal du feu, nous devons, pour des mesures évidentes de coordination sanitaire et inter-partenaires, mettre à proximité du site d’intervention un poste de commandement sanitaire (PC Front SAN). L’absence d’un tel moyen compromet de toute évidence la bonne gestion de l’événement. En 2014, l’OCVS a rénové, rafraîchi et équipé un véhicule capable de répondre aux exigences minimales.

Bilan au 31 décembre 2014

Généralités

Nous vous présentons le bilan et les comptes de résultat de l’exercice 2014 de l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS), association régie par les articles 60 et ss du Code civil suisse. L’OCVS a été reconnue d’intérêt public par décision du Conseil d’Etat conformément aux dispositions de la Loi du 27 mars 1996 et de l’ordonnance du 20 novembre 1996 sur l’organisation des secours.

Les comptes sont également soumis à la révision du Département de la santé et de l’Inspectorat cantonal des finances. Le déficit d’exploitation reconnu est pris intégralement en charge par l’Etat du Valais. Toutefois, le budget qui est présenté pour chaque exercice doit être strictement respecté.

Exécution budgétaire

Il est à mentionner que pour la première fois de son histoire, l’OCVS a estimé son budget de façon optimale. En effet, ce dernier a été exploité à 99,52 % en comptant la régulation médicale et à 99,88 % sans cette dernière. La comparaison entre les dotations budgétaires et les chiffres de l’année sous revue ressort des tableaux ci-après.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Taxes

Sans entrer dans les détails et les aléas des comparaisons entre les chiffres des deux dernières années, on peut noter l’évolution du principal poste des produits. Les taxes d’intervention facturées aux prestataires ont subi la variation suivante :

 

 

 

 

 

 

 

Contrôle des comptes

Le contrôle des comptes est effectué par Consultec, Conseil d’entreprises et Fiduciaire SA, à Sierre.


Béatrice Burgener, Comptabilité

 

Perspectives et objectifs 2015

La liste des travaux entrepris en 2014 montre que l’OCVS ne s’est pas endormie pendant cette année. Elle n’aura pas non plus le temps de faire la sieste en 2015. Pour exemple, voici
quelques missions qu’il nous reste à achever ou que nous démarrerons :

  1. La mise en oeuvre de la nouvelle planification : les adaptations mises en place sont la mise en service d’une seconde ambulance de nuit à Sion, la mise en service d’une ambulance de jour dans le district d’Entremont et enfin l’interruption du subventionnement pour le service de nuit de la compagnie de Grächen en raison de son faible taux d’activité nocturne.
  2. Un nouveau modèle pour la réalisation des transferts S3. Celui-ci doit être adéquat et répondre aux besoins des hôpitaux pour ne pas perturber leur bon fonctionnement mais il doit aussi être respectueux du dispositif pré-hospitalier dont la mission primaire est de répondre aux urgences pré-hospitalières.
  3. La révision de la Loi sur l’organisation des secours (LOS) avec pour conséquence la révision statutaire de l’OCVS va entraîner de fait la révision de la base documentaire de l’OCVS et probablement d’un certain nombre de procédures et de contrats.
  4. Pour l’opérationnel de terrain, il reste à finaliser la mise en service du système informatique embarquée, suivre sa qualité et le peaufiner pour répondre au mieux aux attentes de nos partenaires intervenants. Nous devons réussir à mettre en service Polycom avant la saison hivernale.
  5. Concernant l’aide psychologique urgente, l’OCVS va également présenter, avant la fin du premier semestre 2015, un projet cantonal.
  6. La Loi sur l’organisation des secours ainsi que son ordonnance mettent en avant des exigences qualité, aussi bien pour les intervenants du terrain que pour l’OCVS, dont sa Centrale. Nous devons à présent mettre en place un système de suivi qualité digne de ce nom et remplir nos obligations de la même manière que le font nos partenaires du terrain. Le développement et la mise en service d’un système qualité ne se réalisent pas d’un claquement de doigts, nous en sommes bien conscients et même si nous démarrons ce projet en 2015, nous ne nous attendons pas à son déploiement complet avant fin 2018.
  7. Nos partenaires ont des attentes très spécifiques au niveau des analyses statistiques. Ces dernières sont indispensables à leur certification et re-certification IAS, mais elles leur sont également très utiles dans le cadre d’objectifs pédagogiques. Du côté de l’OCVS, ces analyses sont indispensables à l’évaluation continue de la qualité de la planification et des prestations fournies. L’objectif 2015 est de mettre en place ces bases statistiques d’ici la fin de l’année avec mise à disposition de données en ligne pour les compagnies d’ambulances.
  8. Pour les services de sauvetage, ces analyses feront elles-mêmes l’objet d’une évaluation en termes de réponse aux besoins des différents partenaires ; elles seront complétées au fil du temps en fonction des attentes de chacun.
  9. Le bureau des événements sanitaires majeurs doit poursuivre ses réflexions et son travail. Les axes de réflexions doivent notamment porter sur les outils mis à disposition des intervenants, sur les procédures d’interventions et la planification des différents événements potentiels survenant dans notre canton. Il doit évaluer l’adéquation entre les moyens dont nous disposons et les types d’événements auxquels nous pourrions être confrontés, l’évaluation des moyens devant se faire aussi bien au niveau des ressources en personnel que des moyens techniques. La réflexion doit également porter sur l’information et la formation continue de nos différents intervenants potentiellement engagés sur ce type d’événement.
  10. Un autre dossier épineux sur lequel devra aussi travailler l’OCVS concerne la révision des tarifs de sauvetage héliporté ; ces derniers ont été dénoncés en 2011 et l’aboutissement du dossier ne verra probablement pas le jour en 2015 au regard de la complexité des procédures.
Remerciements

L’OCVS adresse ses remerciements à l’ensemble de ses partenaires du sauvetage professionnel et non-professionnel.

Elle remercie aussi son conseil d’administration, le Département de la santé, des affaires sociales et de la culture et le Service de la santé publique, qui lui permettent de déployer ses
efforts au travers d’un soutien important et d’une collaboration sans faille.

L’OCVS souhaite remercier particulièrement l’Hôpital du Valais et l’Institut central des hôpitaux valaisans (ICHV) sans lesquels le projet de centrale redondante n’aurait pas pu aboutir avec ce niveau de réussite et d’efficience qu’on lui connaît à présent.

Conclusion

Le patient reste et doit rester au centre de nos préoccupations. C’est avant tout à lui que doit bénéficier notre engagement et notre travail. L’OCVS souhaite être et rester une Organisationforte, motivée et engagée, de manière à soutenir du mieux possible tous les acteurs dusauvetage sur le terrain. James Branch Cabell disait : « Les optimistes proclament que nousvivons dans un monde rempli de possibilités… Les pessimistes ont peur que ce soit vrai. » Il
ne nous reste plus qu’à effrayer les pessimistes !

Rapport d'activité 2013 Sommaire Message du Président

Les bilans donnent une image plutôt figée de la réalité. Pourtant leur lecture permet, d’une année à l’autre, d’analyser la période écoulée, de connaître l’incidence des décisions passées sur la situation présente et dans quelle mesure les objectifs fixés ont été atteints. L’OCVS n’est bien sûr pas une entreprise commerciale, mais ses finances déterminent l’étendue de ses prestations. Et à cet égard, les restrictions budgétaires sonnent l’alarme !

Il est donc utile - et parfois cruel ! - de consulter les rapports des années passées et se demander si les questions, les craintes ou les espoirs, les doutes ou les certitudes avaient tout leur sens.

La nouvelle planification phéhospitalière, actuellement en consultation auprès du Conseil d'Etat, résume bien l'enjeu de ces dernières années. Rappelons que 80% des prestations de l'OCVS sont assurées par le service ambulancier. Or, le Valais romand ne dispose pas assez d'ambulances. pensons uniquement au district d'Entremont avec trois vallées latérales et la station de Verbier qui compte plus de trente mille habitants en hiver. Elle n'est pas incluse dans la planification actuelle : le Haut-Valais, au contraire, a des besoins largement couverts pour des raisons sur lesquelles il n'y a pas lieu de revenir. Les coupes budgétaires imposées au Département de la santé vont probablement reporter l'attribution d'une ambulance supplémentaire à cette région, comme certainement elles contraindront à supprimer une ambulance surnuméraire ailleurs. L'Etat n'a plus les moyens de satisfaire tous nos objectifs. Une consolation cependant : le Valais offre une sécurité d'intervention préhospitalière de très haut niveau et les objectifs de nos planifications vont vers une amélioration croisssante, les besoins essentiels étant déjà satisfaits.

En plus, nous devons investir une partie de notre budget dans des projets d’une valeur ajoutée toute relative et, notamment le système de communication Polycom. Celui-ci découle d’une volonté fédérale d’unifier le système de communication par des données cryptées à l’usage des polices et des secours du pays, mais dont l’ampleur des coûts et le déficit technologique laissent sceptique.

Sur le plus long terme, il semble que l’OCVS ait largement été entendue lorsqu’elle demandait un cadre légal pérenne. La Commission de gestion du Grand Conseil a rendu un rapport explicite : après avoir constaté que l’OCVS joue parfaitement son rôle dans la gestion des secours, elle poursuit en constatant l’inadéquation de la structure actuelle avec ses besoins. C’est d’ailleurs avec plaisir que la proposition d’un établissement dedroit public a été relayée. Au passage, certains s’étonnent qu’on n’y ait pas traité de dysfonctionnement. Peut-être parce qu’il n’y en avait pas. Ou s’il y en avait eu, il aurait trouvé sa solution aux
premiers jours de 2012.

L’OCVS renouvelle également son Conseil d’administration comme cela avait été prévu il y a deux ans : après le départ de deux administrateurs, trois autres démissionnent et seront remplacés à l’Assemblée générale ou au cours du deuxième semestre, car certaines nominations dépendent exclusivement du Conseil d’Etat.

Bruno Jelk, dont la notoriété dans le monde du sauvetage est unique, puisque de l’Europe à l’Asie, il a marqué son empreinte par l’intervention sur le terrain, au sein de la CISA/IKAR et par sa présidence de notre commission technique. Jean-Claude Moix a assuré le lien avec la police cantonale et sa centrale d’intervention avec doigté, rigueur et la volonté constante de parvenir au bon fonctionnement des institutions malgré des heurts parfois inévitables, puisque la police et l’OCVS, si elles ont des buts convergents, ont forcément des champs d’activité différents. Le Dr Daniel Fishman, enfin, spécialiste de la médecine d’urgence, dont il faut souligner la qualité de son apport, non seulement au Conseil d’administration mais également à la
commission médicale ; nous déplorons son départ de l’Hôpital du Valais qui nous prive d’une présence que nous aurions souhaitée plus durable.

Quoi qu’il en soit, le Conseil d’administration avait prévu un changement complet de ses membres avant la fin de la prochaine période administrative. Son renouvellement successif permet de maintenir son efficacité dans un domaine où la technicité et le foisonnement des règlements vont toujours croissant.

Même si nous vivons au quotidien des restrictions budgétaires,il faut admettre que l’avenir se poursuit favorablement pour notre organisation et la population valaisanne qui bénéficie de ses prestations. Les indicateurs sont au vert, une réforme se dessine pour assurer son avenir et ce ne sont pas quelques nuages qui peuvent gâcher une très belle image.

Me Pierre-André Veuthey, Président du Conseil d'Administration

Message du Directeur

Plus qu’hier et moins que demain comme le dit le dicton : l’année 2013 s’est avérée bien chargée au niveau de la diversité des projets et de la masse de travail qui les accompagne ; 2014 n’aura d’ailleurs rien à lui envier.

Cet engagement a été rendu possible en partie grâce à un climat de travail serein qui nous a permis de nous concentrer sur nos missions et nos devoirs. Ces projets qui ont avancé pour certains et abouti pour d’autres, visent bien sûr l’amélioration de la prise en charge des Valaisans et de leurs hôtes, mais également la qualité opérationnelle des compagnies d’ambulances et l’optimisation du fonctionnement de l’OCVS et de sa Centrale 144. 

Ainsi la révision de la planification a abouti à un projet qui devrait permettre une amélioration cantonale globale des prises en charge pré-hospitalières. L’ensemble des réflexions conduites l’ont été sur la base d’éléments et d’indicateurs objectifs ; elle vise la mise en place d’un dispositif qui reste en adéquation avec les besoins de notre canton, qu’il s’agisse des indigènes ou des touristes ; enfin, elle vise le respect des principes d’équité, de qualité et d’économicité. 

Sa mise en oeuvre et sa qualité seront suivies avec rigueur sur la base de critères objectifs et mesurables afin de la qualifier et de réfléchir au besoin à des réajustements. Il faut souligner que simultanément à cette nouvelle planification a été développée une nouvelle méthode de subventionnement qui répond à des attentes répétées des compagnies d’ambulances, à savoir une méthode transparente et équitable.

Parmi les préoccupations de l’OCVS, la mise en place d’un système dédié pour les transferts non urgents a pu être conceptualisée et planifiée avec sa mise au budget 2014. Il s’agit de près de 4’000 missions annuelles. A partir de 2014, elle va ainsi permettre d’augmenter significativement la disponibilité du dispositif pré-hospitalier en cessant d’utiliser des ressources destinées à des interventions urgentes pour de simples transports couchés. L’hôpital de Martigny a ainsi mis en oeuvre une ambulance avec un équipage dédié pour réaliser essentiellement des transferts dans le centre ; les compagnies Sanität Oberwallis et Clerc se sont également organisées dans ce sens pour leur secteur. Il faudra analyser ce nouveau dispositif en 2015 et réévaluer le besoin et l’impact résiduel de ces transferts sur le dispositif dédié aux urgences. 

Ces améliorations notoires touchant la planification, la gestion des transferts et la méthode de subventionnement représentent un surcoût important, mais indispensable, de l’ordre de CHF 1’500’000. C’est le prix à payer pour une prise en charge pré-hospitalière de qualité telle qu’elle est définie par notre organisme de certification : l’IAS (Interassociation de Sauvetage). Dans le domaine pré-hospitalier comme dans nombre de domaines, les procédures de travail ne se superposent pas toujours entre le Haut-Valais et le Valais romand, cela ne veut pas dire que l’une est juste et l’autre fausse. Ainsi, concernant les Secours Régionaux et particulièrement les First Responders (FR) ou les Schnelleinsatzgruppen (SEG), l’OCVS a rédigé une charte qui leur est destinée afin d’harmoniser le cahier des charges, les missions, devoirs et responsabilités ainsi que les niveaux de compétences attendues : c’est une condition sine qua non pour garantir une qualité normalisée de prise en charge la base des chiffres des interventions des années précédentes, de la configuration du terrain et des accès entre autres, l’objectif étant toujours de répondre avec équité cantonale à l’adéquation du besoin. L’organisation et la mise en musique restent du ressort de chaque région. 

Dans le cadre de sa participation au sein de la Commission cantonale ABC, l’OCVS a largement contribué au développement du concept cantonal de décontamination, de la définition des matériels nécessaires à sa mise en oeuvre et des procédures d’intervention. Au travers de ce projet aussi intéressant qu’indispensable dans un canton classé second au plan du niveau de risque chimique, nous avons eu l’occasion de travailler de concert avec la Police cantonale, l’Office cantonal du feu (OCF) et la Protection civile qui est un partenaire à part entière dans cette planification. Il restera à mettre en place la formation ainsi que l’exercice de cette mission en 2014. 

Comme annoncé, 2014 ne sera pas en reste, ni les années suivantes avec une liste de projets bien fournie. A court terme, nous devons finaliser des projets débutés en 2013 : parmi les plus importants, le système informatique embarquée (SIE), le nouveau système d’aide à l’engagement (SAE), la fiche d’intervention pré-hospitalière (FIP), le développement de statistiques standardisées à disposition des compagnies pour faciliter leur travail de recertification. La mise en production de Polycom est également prévue pour 2014, mais cette dernière reste complexe et s’accompagne de difficultés pour lesquelles il faudra trouver des solutions. Pour les années suivantes, les idées ne manquent pas non plus, mais comme dit le proverbe : à vouloir trop étreindre…..

Les remerciements de l’OCVS :

Pour réaliser ses missions, l’OCVS a la chance de pouvoir compter sur sa Cheffe de département, le Chef du service de la santé publique, le Médecin cantonal et tous leurs collaborateurs avec lesquels le niveau de collaboration est excellent, tout en restant empreint d’un esprit analytique et positivement critique. L’OCVS peut également compter sur l’appui sans faille de son Conseil d’administration. 

Ces remerciements s’adressent à tous nos partenaires secouristes professionnels ou non ainsi qu’à tous les spécialistes que nous engageons à l’occasion de missions particulières. 

Enfin, la direction de l’OCVS remercie chaleureusement l’ensemble de ses collaborateurs qui se sont engagés comme jamais dans une aventure riche en projets, en changements et en charge de travail. Le Valais dispose d’un dispositif pré-hospitalier de très haute qualité : sachons le garder, le protéger et pourquoi pas encore l’améliorer.

Dr Jean-Marc Bellagamba, Directeur

Compte de résultats de l’exercice 2013
Nous vous présentons le bilan et les comptes de résultat de l’exercice 2013 de l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS), association régie par les articles 60 et ss du Code civil suisse. L’OCVS a été reconnue d’intérêt public par décision du Conseil d’Etat conformément aux dispositions de la Loi du 27 mars 1996 et de l’Ordonnance du 20 novembre 1996 sur l’organisation des secours. Son siège est à Sierre, auprès de la Centrale d’alarme.

Les comptes sont également soumis à la révision du Département de la santé et de l’Inspectorat cantonal des finances. Le déficit d’exploitation reconnu est pris intégralement en charge par l’Etat du Valais. Toutefois, le budget qui est présenté pour chaque exercice doit être strictement respecté.
 
Exécution budgétaire
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Taxes OCVS

Les taxes OCVS se montent à CHF 2’760’262 alors que la somme budgétée était de CHF 2’700’000. Les taxes interventions des stations de secours se montent à CHF 198’186 alors que la somme budgétée était de CHF 260’000.

Subvention ambulance

La subvention ambulance était budgétée pour 2013 à CHF 3’878’000. La subvention payée aux entreprises est de CHF 2’943’000. La différence de CHF 935’000 s’explique par le retard de la mise en oeuvre de la nouvelle planification des moyens ambulanciers.

Contrôle des comptes

Le contrôle des comptes est effectué par Consultec, Conseil d’entreprises et Fiduciaire SA, à Sierre.
 
Béatrice Burgener, Resp. finances
 
Activités principales Administration

L’année 2013 fut une année haute en couleurs. Du côté administratif, les dossiers traités étaient très variés :

  • nouvelle planification des moyens ambulanciers
  • négociations des nouveaux tarifs d’intervention
  • contrats de prestations avec les compagnies d’ambulances
  • la charte et le rapport des First Responders
  • gestion électronique des documents
  • nouveau règlement de service
  • gestion des temps de travail des collaborateurs de l’OCVS
  • procédure facturation du véhicule sanitaire de soutien du Chablais
  • nouvelle identité visuelle de l’OCVS


Sans oublier les nombreuses tâches quotidiennes qui occupent la majeure partie du temps des collaborateurs de l’administration : la gestion financière des interventions, la formation des intervenants, le traitement des créanciers, la comptabilité de l’OCVS, la gestion des ressources humaines, la prévention, la gestion des projets, l’organisation de la régulation médicale, le traitement des FIP, le secrétariat, etc.

Le travail fourni en 2013 était d’autant plus intense qu’il a été réalisé sous une nouvelle direction : cette dernière a pris en main, au pied levé, de nombreux projets qui se devaient d’être réalisés sans attendre. L’équipe administrative a rapidement accroché ses wagons à la nouvelle locomotive avec pour objectif premier une prise en charge optimale des urgences sanitaires sur le territoire du canton du Valais.

Annick Charbonnet, Resp. administration

Centrale 144 : Coordination du sauvetage aérien en Suisse

Air Zermatt et Air-Glaciers interviennent dans le canton du Valais, la REGA dans les autres régions de Suisse. Un hélicoptère AAA est disponible à Birrfeld ainsi qu’une machine d’Air-Glaciers, à Lauterbrunnen. Mais qui donc coordonne tous ces hélicoptères et quels sont les besoins des cantons ? Autant de questions auxquelles l’Interassociation de sauvetage, les prestataires deservices et les cantons concernés ont tenté de répondre lors de maintes réunions.

Brève rétrospective : en Valais, la Centrale d’urgence 144 est en liaison directe avec Air Zermatt et Air-Glaciers. La zone d’intervention est clairement déterminée dans la planification d’urgence. Un hélicoptère d’Air-Glaciers se trouve à disposition de la REGA, à Lauterbrunnen. Depuis peu, la centrale argovienne 144 fait directement appel à la machine de la compagnie Alpine Air Ambulance, alors que la centrale zurichoise de la REGA propose ses propres hélicoptères, répartis dans plusieurs bases de Suisse. Force est donc de constater qu’une attribution homogène des engagements paraît souhaitable dans notre pays, excepté dans le canton du Valais.

Dans le cadre de ces réunions, il a été démontré que la situation valaisanne en matière de sauvetage était optimale pour la région. L’Organisation cantonale valaisanne des secours collabore, en effet, étroitement avec les deux entreprises valaisannes qu’elle soutient conjointement, par le biais d’une Centrale d’urgence sanitaire neutre.

Nous nous devons d’agir au plus vite et d’apporter toute l’aide nécessaire. En Valais, nous disposons quotidiennement de huit machines durant la journée et d’au moins trois hélicoptères médicalisés durant la nuit. Des événements tels que l’accident de car de Sierre ou l’avalanche de Bourg-St-Pierre ont démontré que ces deux compagnies étaient en mesure d’intervenir avec un nombre supplémentaire d’hélicoptères complètement médicalisés, en cas de besoin.

Jusqu’à présent, aucune de ces deux entreprises n’a reçu de subvention de la part du canton. De nouvelles négociations tarifaires sont en cours avec les assureurs (LAMal et LAA). Il convient de mentionner à ce propos que cela fait une bonne dizaine d’années que les tarifs actuels n’ont plus été adaptés.

En notre qualité de partenaire de ces compagnies, nous leur prêtons toujours une oreille attentive et unissons nos forces pour trouver des solutions. Nous nous félicitons de l’excellente coopération qui existe au sein du canton du Valais.

Diego Lareida, Resp. Centrale 144

Informatique et technique (IT)

Après une année de transition directionnelle en 2012, 2013 nous a permis très rapidement d’entrer dans le vif du sujet !

Notre chance d’avoir en la personne le Dr Jean-Marc Bellagamba ; un homme de terrain et un gestionnaire avisé qui nous a permis de revisiter quasiment tous nos acquis et nos projets pour améliorer encore notre mission cantonale. Certes, il a fallu gérer l’augmentation exponentielle des séances et assurer en parallèle le bon fonctionnement du quotidien. La richesse des partages avec les collègues, la vision claire des objectifs et la détermination de la direction nous ont permis de commencer à réaliser le futur.

Le mot URGENCE a pour un moment été déplacé du contexte qu’on lui connaît habituellement dans notre organisation pour se focaliser sur les projets à réaliser.

Et… Bingo !… Le travail a porté ses fruits et nous avons pu commencer une grande partie de ces réalisations.

La mise en place d’un nouveau serveur regroupant tous les anciens nous a permis de simplifier et clarifier cette gestion. Ce dernier devient une plateforme d’infrastructure partagée avec une optimisation des coûts, une grande facilité de gestion des ressources et la montée en puissance ainsi qu’une haute disponibilité. Un serveur identique et distant viendra finaliser ce dispositif en 2014 par une redondance en temps réel de toutes nos données.

Ce nouveau dispositif a aussi été dessiné pour accueillir en 2014 notre nouveau système d’aide à l’engagement. Un autre challenge qui nous permettra d’avoir un outil performant spécifique au monde sanitaire avec des coûts de maintenance et d’interfaçage fortement diminués. Ce logiciel sera aussi décliné en version mobile pour les ambulances et les SMUR. Il remplacera le système DATCOM en offrant beaucoup plus de possibilités aux personnes du terrain et responsables des compagnies d’ambulances. Une interface sera également mise à disposition des hôpitaux pour la gestion des transferts.

A la fin 2013, nous avons mis en place une gestion électronique des documents (GED) ; un très bel outil indispensable dans la masse sans cesse croissante de documents. Ce dernier permet une recherche rapide et simplifiée de documents mais aussi un suivi de flux et une organisation plus rationnelle de circulation du papier. De plus, ces documents sont accessibles à distance et en mode nomade. Un tout grand merci à Leticia Resenterra et Louis Evéquoz qui ont mené de main de maître leur premier grand projet et son intégration au sein de l’OCVS.

En 2013, nous avons continué nos réflexions pour une plus grande facilité de saisie des fiches d’interventions pré-hospitalières (FIP) avec la collaboration de l’Observatoire valaisan de la santé (OVS) pour une intégration qui devrait se réaliser en 2014.

Tout le parc informatique est maintenant à jour et les collaborateurs profitent des derniers outils dans leur quotidien.

La mise en place d’une application de gestion de projet pour une meilleure maîtrise des temps et des ressources ainsi qu’une meilleure transparence de l’avancement est venue achever cette année riche de travail et collaboration.

Je termine en remerciant chaleureusement toutes les personnes qui me soutiennent et m’aident dans toutes ces tâches et avec lesquelles je suis serein et confiant dans la poursuite des nouveaux défis qui nous attendent.

Pierre-Alain Magnin, Responsable IT

Evénement Sanitaire Majeur (ESM)

C’est par cette formule que nous désirons commencer notre rapport d’activité 2013 car il ne fait aucun doute que la maîtrise d’un Evénement sanitaire majeur (ESM) nécessite un travail d’équipe au plus haut niveau.

Si nous ne tenons pas compte du facteur humain et du comportement des personnes avec lesquelles nous travaillons tous les jours, de leurs capacités techniques et de leur savoir, il ne sera pas possible d’avoir une performance d’équipe et de réussir à atteindre les objectifs fixés dans de bonnes conditions.

Un ESM n’est géré avec succès que si l’adéquation entre les niveaux de compétences et de formation des intervenants et les missions est respectée. Alors que les ambulanciers ont l’habitude, au quotidien, de travailler en petites équipes et de prodiguer aux patients les meilleurs soins individuels possibles, il est impératif d’accepter de mettre sur pied, dès la survenue d’un accident majeur, des structures de conduite professionnalisées et hiérarchisées.

Il doit être possible de rapidement compléter et renforcer les ressources humaines, les structures de conduite et le matériel requis pour l’intervention.

Tant sur le terrain que dans l’esprit de chacun, il va de soi que des équipes qualifiées, composées d’ambulanciers et de médecins d’urgence mènent, dans les services de sauvetage, les interventions quotidiennes. En cas d’ESM, en revanche, seuls des cadres dirigeants professionnels et spécialement formés à leurs tâches sont en mesure d’en prendre en charge (exclusivement) la gestion. C’est la seule manière d’assurer la coopération avec d’autres services de sauvetage, avec des organisations partenaires feux bleus (police et sapeurs-pompiers), des organisations de milice tels la protection civile, les First Responders (FR), les samaritains, voire même l’armée. Etant donné, par ailleurs, que l’ultime responsabilité pour la maîtrise d’un ESM incombe à l’Etat,donc aux autorités politiques cantonales responsables, des dispositions légales sont indispensables pour garantir une intervention sans faille à tous les niveaux de conduite.

Dans les fonctions cadres de la gestion d’un ESM, la place laissée au bénévolat se réduit comme peau de chagrin. Nous devons avoir des chefs professionnels si nous voulons disposer d’un service de qualité. Et pour y arriver, il y a un prix à payer.

Dans toute la Suisse, 365 jours par an et 24 heures sur 24, un service de piquet de commandement comprenant un ambulancier chef des secours (ACS) et un médecin chef des secours (MCS) disposant d’un plan d’intervention qui réglemente leurs fonctions et celles du chef des secours (CS) doit pouvoir être activé. Ce binôme de conduite doit pouvoir être présent sur un site d’ESM dans un délai de 30 minutes afin d’organiser le dispositif sanitaire en occupant tous les postes clés de la conduite, à savoir : ACS/MCS, CS, EVA San (évacuation sanitaire), Chef PMA (poste médical avancé) ; ambulancier et médecin, etc.

Pour garantir l’efficacité de ce système de piquet (en-dehors des piquets assurés par les ACS de l’OCVS), nous devons former et intégrer dans le dispositif des ambulanciers des compagnies, en qualité d’ACS-adjoints. Il s’agit également pour ces personnes d’avoir une reconnaissance professionnelle des missions de conduite pour lesquelles elles ont été formées.

Pour rappel, la problématique de la gestion de l’événement sanitaire majeur dans notre canton remonte à 2008 lorsque le médecin cantonal de l’époque, le Dr Georges Dupuis confiait, au Directeur médical de l’OCVS, le Dr Jean-Pierre Deslarzes, la mission de proposer une organisation d’engagement et d’aide à la conduite sanitaire lors de grand événement dans le canton.

Depuis, petit à petit, nous avons réussi à mettre en place une base de concept qui aujourd’hui prend forme. On ne peut pas dire qu’elle ait abouti mais elle a au moins la prétention d’avoir su tirer les bénéfices de cas vécus dans le canton et de l’expérience de nos partenaires voisins de Vaud, Fribourg, Genève, Jura et Neuchâtel. La grande force dans la gestion d’un ESM est le partage d’expériences et la mise en commun de concepts inter-cantonaux.

Par contre, c’est maintenant que nous avons besoin de l’appui inconditionnel de nos élus politiques et de notre Cheffe du Département de la Santé, des affaires sociales et de la culture (DSSC), Mme la Conseillère d’Etat Esther Waeber-Kalbermatten, pour défendre les budgets nécessaires à la mise en oeuvre d’un dispositif opérationnel.

Comme dans beaucoup de situations, la prévention coûte nettement moins cher que la catastrophe elle-même.

Avec la dynamique de notre nouvelle direction, nous avons réussi à mettre en place de nouveaux projets liés à l’ESM, à savoir :

  • Un nouveau système d’informatique embarquée qui permettra, dans le cadre de la gestion de l’ESM, d’avoir tous les plans d’intervention et les premières prises de décisions à bord de chaque ambulance du canton.
  • Le système de communication Polycom permettra une plus grande facilité de communication entre tous les partenaires feux bleus engagés sur le même site d’une intervention. Polycom nous permettra également une plus grande confi dentialité dans les transmissions d’informations en relation avec le patient.
  • Le dispositif cantonal de décontamination pour les accidents chimiques.
  • L’identité visuelle des personnes responsables de la conduite et de l’aide à l’engagement dans un ESM. La mise opérationnelle de notre PCFront SAN. Un système de communication qui fonctionne est un élément clé pour faire face avec succès à un ESM. La transmission d’informations doit être centralisée dans un poste de commandement.


Nous devons maintenir et renforcer notre préparation pour faire face aux besoins sanitaires des 10 à 15 prochaines années. Le nombre d’ESM, tels que ceux des accidents d’autocars d’Orsières, de Reckingen, de Fiesch et de Sierre va, selon toute probabilité, augmenter. La densité des véhicules à grande capacité va croître sur nos routes, nos autoroutes et surtout via nos cols alpins. Il faudra aussi tenir compte de l’afflux massif de touristes des pays émergents tels que les pays de l’Est européen dont les véhicules n’offrent pas toujours de bonnes conditions de sécurité. Les tunnels routiers et ferroviaires, les transports routiers/ferroviaires de matières dangereuses, les sites chimiques à hauts risques et les gros sites industriels, exigent que notre canton reste vigilant et mette en place les structures les mieux adaptées à la prise en charge, à la conduite et à l’aide à l’engagement de ces possibles ESM.

Il faut organiser des exercices de prises de décisions, imaginer des scénarii qui pourraient se produire, s’habituer à prendre des mesures d’urgence pour être prêts le jour de la vraie catastrophe.


Alain Rittiner et Félix Saxer, Ambulanciers Chefs des Secours

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